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Semaine de responsabilisation de l’Iran – À la défense des prisonniers politiques de Téhéran

Posted on 11 mai 2015

Des parlementaires canadiens de toutes allégeances politiques se sont mobilisés dans le cadre de la quatrième Semaine de la responsabilisation de l’Iran pour dénoncer le cocktail toxique de menaces que présente le régime iranien : la menace nucléaire, le terrorisme, l’incitation à la haine et, plus particulièrement, les violations généralisées et systématiques des droits de la personne en Iran.

Dans ce contexte, de nombreuses activités se sont tenues : des témoignages au sous-comité des droits internationaux de la personne de la Chambre des communes, une tribune publique à laColline du Parlement, des points de presse, des manifestations à la défense des prisonniers politiques et, en guise de conclusion, un appel à l’action. Parmi les participants se trouvaient Ahmed Shaheed, rapporteur spécial de l’ONU sur les droits de l’homme en Iran; Maziar Bahari, journaliste, cinéaste et ancien prisonnier politique irano-canadien; Marina Nemat et Shakib Nasrullah, anciens prisonniers de conscience de la tristement célèbre prison Evin de Téhéran; Mark Dubowitz et Ali Alfoneh, des responsables de la Foundation for Defense of Democracies, et Mark P. Lagon, président de Freedom House.

La Semaine de la responsabilisation de l’Iran de cette année ne pouvait tomber à un meilleur moment. Les négociations menées par le groupe P5+1 avec l’Iran sur la question du nucléaire ont jusqu’ici éclipsé, voire contribué à édulcorer, la violence de la répression à grande échelle exercée par le régime iranien sur ses citoyens.

En effet, il y a eu une vague d’exécutions horribles en Iran dans le sillage des négociations sur les armes nucléaires qui se déroulent à l’heure actuelle. Quelque 43 personnes ont été exécutées en l’espace de trois jours en avril seulement. De surcroît, la persécution de la minorité religieuse des baha’is s’intensifie et les poursuites judiciaires contre eux se multiplient. Les dissidents continuent encore et toujours d’être traités comme des criminels faisant tourner à la farce la récente Journée mondiale de la liberté de la presse, et quelque 900 prisonniers politiques continuent à languir dans les prisons iraniennes et, pour bon nombre d’entre eux, à y être victimes de tortures ou menacés d’exécution.

Par conséquent, la pièce maîtresse de la semaine était le Programme mondial de soutien aux prisonniers politiques iraniens, dans le cadre duquel des députés et des sénateurs « adoptent » des prisonniers politiques et se livrent à des activités publiques et soutenues à la défense de leurs droits.

Pour ma part, cette année, j’ai décidé de continuer à défendre les intérêts des sept chefs de la communauté baha’ie emprisonnés – connus sous le nom le « Yaran » – et de prendre en charge le dossier de l’ayatollah Sayed Hossein Kazemeyni Boroujerdi, un religieux chiite iranien haut placé et défenseur de longue date de la liberté de religion en Iran. Ces prisonniers sont tous représentatifs de la criminalisation des minorités religieuses et ethniques en Iran et personnifient généralement l’absence de justice en Iran.

Les chefs de la communauté baha’ie, Fariba Kamalabadi, Jamaloddin Khanjani, Afif Naeimi, Saeid Rezaie, Mahvash Sabet, Behrouz Tavakkoli et Vahid Tizfahm, ont tous été condamnés à 20 ans d’emprisonnement en 2008, une peine qui équivaut à une condamnation à mort compte tenu de l’âge avancé de bon nombre d’entre eux. Leur condamnation et leur peine reposaient sur des accusations inventées de toutes pièces, comme « propagande contre le régime », qui ne sont pas sans rappeler les vieilles méthodes des Soviétiques qui voulaient qu’on leur fournisse des coupables pour ensuite décider des crimes dont on allait les accuser. En effet, le régime iranien a érigé en crime le seul fait d’appartenir à la religion baha’ie ou de la pratiquer.

La persécution du Yaran et les poursuites judiciaires dont ses membres sont victimes violent autant le droit iranien que les traités internationaux dont l’Iran est partie. Parmi ces violations, mentionnons la détention arbitraire, illégale et prolongée; la torture et les mauvais traitements; les accusations mensongères, comme le fait de « semer la corruption sur Terre », (un crime puni de la peine capitale); le refus du droit à un procès équitable; et des audiences qui se déroulent devant une magistrature politisée et dans le mépris total de la loi.

Comme le Yaran, l’ayatollah Boroujerdi est un prisonnier de conscience pour avoir défendu la liberté de religion et croupit donc en prison. Il en est maintenant à sa neuvième année d’une peine de 11 ans et il est indirectement condamné à mort puisqu’on lui a refusé des soins médicaux urgents.

Il a défendu la liberté de religion comme le démontraient les cérémonies de bénédiction qu’il célébrait en présence de chiites, de sunnites, de chrétiens, de juifs, de zoroastriens et de baha’is. Il a prôné le respect de la Déclaration universelle des droits de l’homme, l’abolition de la peine de mort et la fin des traitements et des châtiments cruels, inhumains et dégradants comme la torture, la lapidation et la flagellation.

Il a prôné la séparation de l’Église et de l’État, défendu le principe de la justice pour tous et condamné les excès d’un régime radical et théocratique, et le règne de la terreur tout en mettant en place des centres communautaires destinés à aider les pauvres et les défavorisés.

Mais son travail ne lui a valu qu’une peine de prison en isolement, un traitement cruel et inhumain et tout récemment, des menaces de mort.

Le Programme mondial de soutien aux prisonniers politiques iraniens vise à nous sensibiliser à la cause des prisonniers politiques et de conscience iraniens comme les membres du Yaran et l’ayatollah Boroujerdi.

Nous, les députés et les sénateurs canadiens – ainsi que les Canadiens que nous représentons –  sommes solidaires des prisonniers politiques iraniens. Nous leur disons qu’ils ne sont pas seuls et que nous ne relâcherons pas nos efforts tant qu’ils ne seront pas libérés.

Le gouvernement iranien cherche à obtenir l’arme nucléaire, finance le terrorisme, se répand en propos haineux et bafoue les droits fondamentaux de son propre peuple. Le moins que nous puissions faire pour ces personnes remarquables et courageuses qui ont osé s’opposer au régime, c’est de raconter leur histoire., de défendre leurs droits et de faire avancer leur cause.

 

L’auteur est un député canadien, ancien ministre de la Justice et procureur général du Canada, et professeur émérite de droit à l’Université McGill. Il copréside le Groupe interparlementaire pour les droits de la personne en Iran et le Programme mondial de soutien aux prisonniers politiques iraniens.

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