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Semaine de la responsabilisation de l’Iran – Paul Dewar – Libérons Saeed

Posted on 7 mai 2015

En juin dernier, le monde entier a souhaité un joyeux anniversaire au résident permanent canadien Saeed Malekpour. Le mot‑clic #HBDSaeed est devenu viral.

Saeed Malekpour est un ingénieur logiciel – un développeur. S’il avait pu voir la vague de sympathisants lui souhaiter un joyeux anniversaire sur Internet, je suis convaincu qu’il s’en serait réjoui. Or, Saeed étant privé de ses droits fondamentaux, il n’a pas accès à Twitter. Depuis presque sept ans maintenant, Saeed passe tous ses anniversaires, et toutes ses journées, dans une cellule de la prison iranienne notoire d’Evin.

En 2008, Saeed était résident permanent canadien et vivait à Richmond Hill, en Ontario. Il rédigeait un blogue et se préparait à entreprendre des études supérieures à l’Université de Victoria. Cette année‑là, lors d’un voyage en Iran pour rendre visite à son père en phase terminale, Saeed est arrêté. On l’accuse d’avoir mis au point un logiciel qui a servi à un réseau de pornographie, puis on l’inculpe pour blasphème. Dans une lettre qu’il a réussi à envoyer clandestinement de la prison, il dit avoir été torturé physiquement et psychologiquement – fouetté avec des câbles, paralysé par des décharges électriques et placé en isolement pendant près d’un an, sans soins médicaux. Après que ses tortionnaires lui eurent finalement soutiré des aveux, il a été condamné à mort.

Après quatre années de pressions soutenues de la part des gouvernements et de la société civile du monde entier, la peine de Saeed a été commuée en 2012 en peine d’emprisonnement à vie. Cette réduction de la peine témoigne de la véritable influence que l’opinion et les pressions internationales peuvent exercer, même sur des régimes autoritaires comme celui de l’Iran, et de l’importance de nommer et de dénoncer les individus et les États qui violent les droits de la personne, les libertés démocratiques, les principes de l’application régulière de la loi et la primauté du droit.

Cependant, cette commutation de peine est une bien mince consolation pour la sœur de Saeed, Maryam, qui vit maintenant à Edmonton, et d’autres membres de sa famille. D’autant plus qu’elle ne résout en rien le problème plus grave que posent les violations épouvantables, systématiques et inacceptables des droits de la personne en Iran, en particulier dans le système carcéral et le système de justice iraniens. Malheureusement, l’arrestation de Saeed, le simulacre de procès et la condamnation illégitime pour blasphème sont loin d’être un cas isolé.

Non seulement la liberté de religion et la liberté d’expression font partie intégrante de la démocratie, mais ce sont également des principes non négociables et non partisans que les Canadiens appuient et qu’ils veulent que leurs élus défendent.

La criminalisation de la liberté d’expression et les sanctions qui l’accompagnent sont totalement arbitraires et répréhensibles, contrairement à certaines interprétations de préceptes religieux. Il est particulièrement scandaleux et abominable d’imposer la peine de mort ou l’emprisonnement à vie dans de tels cas.

Dans le cas de Saeed, l’application d’une loi illégitime a été poussée à des extrêmes absurdes. Si la pornographie est un crime, Saeed n’est pas coupable pour autant. Il a conçu et mis au point un logiciel qui a par la suite été vendu pour une utilisation autre. Il n’a pas déterminé à quelles fins ni de quelles façons le logiciel serait employé. Sa condamnation serait grotesque, voire risible, si elle n’était pas si consternante. Mais si nous tenions Saeed responsable de quelque chose, il faudrait le remercier. En effet, le travail de Saeed permet aux gens en Iran et partout dans le monde d’exprimer et de transmettre leurs idées et leurs croyances de façon rapide, créative et efficace. Il a contribué à rendre le monde un peu plus libre. Ce faisant, il s’est heurté à ceux qui veulent réprimer cette liberté et qui combinent des pratiques répressives à des politiques rétrogrades.

Le président Rouhani préconise un « engagement constructif », et les Iraniens lui ont confié un mandat de réforme clair. Pourtant, le gouvernement ne cesse de violer ses obligations juridiques internationales et les droits de la personne. Tant que l’Iran interdira l’exercice de la libre expression, son gouvernement ne pourra être accepté au sein de la communauté internationale.

J’étais fier, il y a deux ans, quand tous les partis de la Chambre ont appuyé à l’unanimité ma motion parlementaire qui visait à souligner le 25e anniversaire du massacre de milliers de prisonniers politiques en Iran. Le Canada devenait ainsi le premier pays à reconnaître officiellement ces atrocités de masse pour ce qu’elles étaient : un crime contre l’humanité. Rappelons toutefois que, s’il faut garder le souvenir des crimes d’hier, il faut aussi dénoncer et combattre les crimes d’aujourd’hui.

Saeed Malekpour s’est établi au Canada parce qu’il aimait notre pays et ses valeurs. Les Canadiens peuvent être fiers de Saeed. Nous ne serons pas tranquilles tant qu’il ne sera pas de retour chez lui, au Canada.

Paul Dewar est le porte‑parole du NPD en matière d’affaires étrangères et député d’Ottawa‑Centre.

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