Skip to main content

Irwin Cotler, député

Rechercheirwincotler.liberal.ca

Camoufler l’antisémitisme sous le couvert de valeurs publiques universelles

Posted on 14 mai 2015 | No Comments

Il y a peu de temps, je me suis exprimé dans le cadre du tout premier débat spécial de parlementaires canadiens sur la montée de l’antisémitisme dans le monde. L’un des grands thèmes abordés alors, ainsi que pendant la session – historique – de l’Assemblée générale des Nations Unies sur l’antisémitisme, a été la manifestation particulièrement insidieuse d’une nouvelle vague de haine.

Par manifestation insidieuse, j’entends le camouflage de l’antisémitisme sous le couvert de valeurs publiques universelles, un camouflage légitimé en outre par les Nations Unies – soit la grande autorité en matière de droit international, de droits de la personne et de lutte contre le racisme.

Ici, au Canada, les Nations Unies font partie de notre ADN; le droit international est un pilier identitaire; notre politique étrangère repose sur le respect des droits de la personne.

Lorsque j’étais ministre de la Justice, la lutte contre le racisme et la haine était au cœur de mon travail, et je suis à l’origine de la toute première Initiative nationale de justice contre le racisme et la haine.

Le camouflage de l’antisémitisme sous le couvert de valeurs publiques universelles subvertit malheureusement ces dernières car, dans le processus, Israël et le peuple juif sont dépeints comme les ennemis du bien et l’incarnation du mal. En plus d’être préjudiciable, cette conception altère les valeurs universelles elles-mêmes et rend les Nations Unies responsables de la perpétration d’idées fausses et préjudiciables. En voici quelques exemples.

Le camouflage de l’antisémitisme sous l’égide des Nations Unies a pris une tournure grave en décembre 2014, lorsque l’Assemblée générale – dans le cadre de son rituel discriminatoire annuel – a adopté 20 résolutions condamnant le même État membre, Israël, et 4 autres résolutions seulement pour condamner tous les autres États confondus. Cette singularisation d’un des États, à qui on fait subir un traitement inégalitaire et discriminatoire, viole l’un des engagements de la Charte des Nations Unies, soit celui d’offrir l’égalité à toutes les « nations, grandes et petites ». Pendant ce temps, les pires violateurs de droits de la personne jouissent d’une immunité disculpatoire.

Mon deuxième exemple en est un de camouflage par le recours au droit international. Ainsi, le 17 décembre dernier, les parties signataires de la Convention de Genève ont accusé Israël d’avoir violé les droits de la personne. En 50 ans, cette accusation n’a été portée que trois fois. Les trois fois, l’État visé était Israël, alors que les pays affichant les pires bilans en matière de respect de droits de la personne – comme la Syrie ou l’Iran – semblent continuer de jouir d’une immunité disculpatoire.

Mon troisième exemple en est un de camouflage par l’utilisation de la culture des droits de la personne. Le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, qui a pour mandat de promouvoir et de protéger les droits de la personne conformément à la Charte des Nations Unies, cible régulièrement Israël et porte des accusations inégalitaires et discriminatoires. Il s’agit d’un irrespect flagrant de l’égalité, devant la loi, dont tous les pays du monde sont censés jouir, ainsi que d’une violation du principe qui veut que la même protection soit offerte à tout État ciblé par les principaux transgresseurs des droits de la personne.

À tout cela s’ajoute le fait qu’à l’ordre du jour de chacune des réunions du Conseil des droits de l’homme, on trouve le point permanent n7 : « Violations par Israël des droits de l’homme dans le territoire palestinien occupé ».

Dans cet ordre du jour, le point suivant s’intitule « Violations des droits de l’homme dans le reste du monde ». On se croirait dans Alice au pays des merveilles, avec un État mis au banc des accusés avant même le début des audiences.

Finalement, on rend l’antisémitisme légitime en l’associant à la lutte contre le racisme. Et en plus de condamner Israël comme pays d’apartheid – le genre de discours qui prédomine dans les milieux universitaires – on appelle à son démantèlement, puisque l’apartheid constitue un crime contre l’humanité en vertu du droit international.

Qui plus est : il faudrait démanteler Israël parce qu’en plus d’être un pays d’apartheid, c’est un pays nazi.

L’appel au démantèlement n’est plus seulement une option, mais une obligation; car comment justifier l’existence d’un régime nazi dans un pays d’apartheid au sein de la communauté internationale? Conséquemment, tous ceux qui soutiennent cet État – soit peut-être tous les participants du forum mondial – deviennent les collaborateurs d’une conspiration criminelle internationale, ce qui intimide et réduit au silence les universitaires, et sans doute tous les pro‑Israël de façon générale.

Mais en plus de craindre le camouflage de l’antisémitisme sous le couvert de valeurs publiques universelles et la délégitimation subséquente d’Israël et des Juifs, inquiétions-nous de la distorsion de nos valeurs universelles : du fait que cela mine l’intégrité des Nations Unies, réduit la valeur du droit international, corrompt la culture des droits de la personne et déshonore la vraie lutte contre le vrai racisme.

Ainsi, en partie à cause de cette interprétation, le Parlement canadien, dans le cadre de son débat spécial sur l’antisémitisme, a adopté à l’unanimité une résolution qui pourrait constituer un modèle pour le forum mondial, voire pour l’ensemble des Parlements – Que, de l’avis de la Chambre : il y a eu « une augmentation alarmante de l’antisémitisme à l’échelle mondiale […] [qui] représente non seulement une menace contre les juifs, mais une attaque contre nos valeurs démocratiques et notre humanité communes »; b) la Chambre « réaffirme l’importance du protocole d’Ottawa sur la lutte contre l’antisémitisme en tant que modèle à suivre au Canada comme à l’étranger » et réaffirme également que « le fait de critiquer Israël n’est pas antisémite, et prétendre le contraire est faux. Mais cibler Israël pour le condamner et lui faire subir l’opprobre de façon sélective – sans nier son droit d’exister ou de chercher sa destruction – est discriminatoire et haineux, et ne pas le reconnaître est malhonnête »; c) la Chambre demande au gouvernement de « continuer de faire de la lutte contre l’antisémitisme une priorité nationale et internationale ».

Si tout commence avec les Juifs, il ne faut pas tout faire porter aux Juifs, comme l’affirme la résolution. Les valeurs publiques universelles aussi sont en jeu.

L’auteur est député au Parlement canadien, professeur émérite de droit à l’Université McGill et ex-ministre de la Justice et Procureur général du Canada. Il est le cofondateur et l’ancien président de la Coalition parlementaire internationale de lutte contre l’antisémitisme et participe cette semaine au Forum mondial pour la lutte contre l’antisémitisme.

Semaine de responsabilisation de l’Iran – À la défense des prisonniers politiques de Téhéran

Posted on 11 mai 2015 | No Comments

Des parlementaires canadiens de toutes allégeances politiques se sont mobilisés dans le cadre de la quatrième Semaine de la responsabilisation de l’Iran pour dénoncer le cocktail toxique de menaces que présente le régime iranien : la menace nucléaire, le terrorisme, l’incitation à la haine et, plus particulièrement, les violations généralisées et systématiques des droits de la personne en Iran.

Dans ce contexte, de nombreuses activités se sont tenues : des témoignages au sous-comité des droits internationaux de la personne de la Chambre des communes, une tribune publique à laColline du Parlement, des points de presse, des manifestations à la défense des prisonniers politiques et, en guise de conclusion, un appel à l’action. Parmi les participants se trouvaient Ahmed Shaheed, rapporteur spécial de l’ONU sur les droits de l’homme en Iran; Maziar Bahari, journaliste, cinéaste et ancien prisonnier politique irano-canadien; Marina Nemat et Shakib Nasrullah, anciens prisonniers de conscience de la tristement célèbre prison Evin de Téhéran; Mark Dubowitz et Ali Alfoneh, des responsables de la Foundation for Defense of Democracies, et Mark P. Lagon, président de Freedom House.

La Semaine de la responsabilisation de l’Iran de cette année ne pouvait tomber à un meilleur moment. Les négociations menées par le groupe P5+1 avec l’Iran sur la question du nucléaire ont jusqu’ici éclipsé, voire contribué à édulcorer, la violence de la répression à grande échelle exercée par le régime iranien sur ses citoyens.

En effet, il y a eu une vague d’exécutions horribles en Iran dans le sillage des négociations sur les armes nucléaires qui se déroulent à l’heure actuelle. Quelque 43 personnes ont été exécutées en l’espace de trois jours en avril seulement. De surcroît, la persécution de la minorité religieuse des baha’is s’intensifie et les poursuites judiciaires contre eux se multiplient. Les dissidents continuent encore et toujours d’être traités comme des criminels faisant tourner à la farce la récente Journée mondiale de la liberté de la presse, et quelque 900 prisonniers politiques continuent à languir dans les prisons iraniennes et, pour bon nombre d’entre eux, à y être victimes de tortures ou menacés d’exécution.

Par conséquent, la pièce maîtresse de la semaine était le Programme mondial de soutien aux prisonniers politiques iraniens, dans le cadre duquel des députés et des sénateurs « adoptent » des prisonniers politiques et se livrent à des activités publiques et soutenues à la défense de leurs droits.

Pour ma part, cette année, j’ai décidé de continuer à défendre les intérêts des sept chefs de la communauté baha’ie emprisonnés – connus sous le nom le « Yaran » – et de prendre en charge le dossier de l’ayatollah Sayed Hossein Kazemeyni Boroujerdi, un religieux chiite iranien haut placé et défenseur de longue date de la liberté de religion en Iran. Ces prisonniers sont tous représentatifs de la criminalisation des minorités religieuses et ethniques en Iran et personnifient généralement l’absence de justice en Iran.

Les chefs de la communauté baha’ie, Fariba Kamalabadi, Jamaloddin Khanjani, Afif Naeimi, Saeid Rezaie, Mahvash Sabet, Behrouz Tavakkoli et Vahid Tizfahm, ont tous été condamnés à 20 ans d’emprisonnement en 2008, une peine qui équivaut à une condamnation à mort compte tenu de l’âge avancé de bon nombre d’entre eux. Leur condamnation et leur peine reposaient sur des accusations inventées de toutes pièces, comme « propagande contre le régime », qui ne sont pas sans rappeler les vieilles méthodes des Soviétiques qui voulaient qu’on leur fournisse des coupables pour ensuite décider des crimes dont on allait les accuser. En effet, le régime iranien a érigé en crime le seul fait d’appartenir à la religion baha’ie ou de la pratiquer.

La persécution du Yaran et les poursuites judiciaires dont ses membres sont victimes violent autant le droit iranien que les traités internationaux dont l’Iran est partie. Parmi ces violations, mentionnons la détention arbitraire, illégale et prolongée; la torture et les mauvais traitements; les accusations mensongères, comme le fait de « semer la corruption sur Terre », (un crime puni de la peine capitale); le refus du droit à un procès équitable; et des audiences qui se déroulent devant une magistrature politisée et dans le mépris total de la loi.

Comme le Yaran, l’ayatollah Boroujerdi est un prisonnier de conscience pour avoir défendu la liberté de religion et croupit donc en prison. Il en est maintenant à sa neuvième année d’une peine de 11 ans et il est indirectement condamné à mort puisqu’on lui a refusé des soins médicaux urgents.

Il a défendu la liberté de religion comme le démontraient les cérémonies de bénédiction qu’il célébrait en présence de chiites, de sunnites, de chrétiens, de juifs, de zoroastriens et de baha’is. Il a prôné le respect de la Déclaration universelle des droits de l’homme, l’abolition de la peine de mort et la fin des traitements et des châtiments cruels, inhumains et dégradants comme la torture, la lapidation et la flagellation.

Il a prôné la séparation de l’Église et de l’État, défendu le principe de la justice pour tous et condamné les excès d’un régime radical et théocratique, et le règne de la terreur tout en mettant en place des centres communautaires destinés à aider les pauvres et les défavorisés.

Mais son travail ne lui a valu qu’une peine de prison en isolement, un traitement cruel et inhumain et tout récemment, des menaces de mort.

Le Programme mondial de soutien aux prisonniers politiques iraniens vise à nous sensibiliser à la cause des prisonniers politiques et de conscience iraniens comme les membres du Yaran et l’ayatollah Boroujerdi.

Nous, les députés et les sénateurs canadiens – ainsi que les Canadiens que nous représentons –  sommes solidaires des prisonniers politiques iraniens. Nous leur disons qu’ils ne sont pas seuls et que nous ne relâcherons pas nos efforts tant qu’ils ne seront pas libérés.

Le gouvernement iranien cherche à obtenir l’arme nucléaire, finance le terrorisme, se répand en propos haineux et bafoue les droits fondamentaux de son propre peuple. Le moins que nous puissions faire pour ces personnes remarquables et courageuses qui ont osé s’opposer au régime, c’est de raconter leur histoire., de défendre leurs droits et de faire avancer leur cause.

 

L’auteur est un député canadien, ancien ministre de la Justice et procureur général du Canada, et professeur émérite de droit à l’Université McGill. Il copréside le Groupe interparlementaire pour les droits de la personne en Iran et le Programme mondial de soutien aux prisonniers politiques iraniens.

Débat sur la taxe des ventes sur les produits d’hygiène féminine

Posted on 8 mai 2015 | No Comments

L’hon. Irwin Cotler (Mont-Royal, Lib.):

Monsieur le Président, j’aimerais féliciter ma collègue d’Etobicoke-Nord de son discours fondé sur des faits. Il est clair qu’elle a effectué des recherches poussées.

Comme la députée s’intéresse aussi à la lutte contre la violence faite aux femmes dans les conflits armés et partout dans le monde, j’aimerais savoir si elle croit qu’un plan d’action national visant à mettre fin à la violence faite aux femmes devrait également porter sur la violence faite aux femmes à l’échelle internationale.

Mme Kirsty Duncan

Monsieur le Président, je tiens à féliciter mon collègue, qui est aussi mon ami, pour tout le travail qu’il accomplit afin de faire respecter les droits de la personne et des femmes qui vivent dans un climat de conflit partout dans le monde.

Nous devons absolument inclure les femmes qui vivent dans des États fragilisés et dans des zones de conflit, comme la République centrafricaine et le Soudan du Sud. Hier encore, un nouveau rapport portant sur la violence sexuelle en Irak et en Syrie a été publié. Il est important d’appuyer les femmes du monde entier et de travailler à mettre fin à la violence dont elles sont victimes.

Questions orales: Libération inconditionelle de Raif Badawi

Posted on 8 mai 2015 | No Comments

L’hon. Irwin Cotler (Mont-Royal, Lib.): Monsieur le Président, des rassemblements ont eu lieu à Québec et à Montréal à l’occasion du triste anniversaire de la condamnation […]

Lire la suite

Déclaration sur le jour de la Victoire en Europe

Posted on 8 mai 2015 | No Comments

L’hon. Irwin Cotler (Mont-Royal, Lib.): Monsieur le Président, c’est aujourd’hui le 70e anniversaire de la Victoire en Europe, journée spéciale et émouvante de mémoire, de célébrations et […]

Lire la suite

Semaine de la responsabilisation de l’Iran – Elizabeth May – Incarcérée pour son art

Posted on 8 mai 2015 | No Comments

Nous ignorons si Atena Farghadani – peintre, militante et prisonnière politique iranienne de 28 ans – est encore en vie. Arrêtée pour la seconde fois en janvier, elle aurait été […]

Lire la suite

COTLER RENOUVELLE SON APPEL EN FAVEUR DE LA LIBÉRATION DU BLOGUEUR SAOUDIEN RAIF BADAWI À L’OCCASION DU PREMIER ANNIVERSAIRE DE L’ANNONCE DE SA PEINE

Posted on 7 mai 2015 | No Comments

Le député Irwin Cotler, porte-parole du Parti libéral du Canada en matière de droits et libertés et de justice internationale, et conseiller juridique international du blogueur […]

Lire la suite

Déclaration sur le Plan libéral pour redonner à la classe moyenne

Posted on 7 mai 2015 | No Comments

Le député Irwin Cotler, porte-parole libéral en matière de droits et libertés et de justice internationale, a fait la déclaration suivante aujourd’hui au sujet du plan […]

Lire la suite

Semaine de la responsabilisation de l’Iran – Paul Dewar – Libérons Saeed

Posted on 7 mai 2015 | No Comments

En juin dernier, le monde entier a souhaité un joyeux anniversaire au résident permanent canadien Saeed Malekpour. Le mot‑clic #HBDSaeed est devenu viral. Saeed Malekpour est un ingénieur […]

Lire la suite

Semaine de la responsabilisation de l’Iran – James Bezan – Objecteur de conscience

Posted on 6 mai 2015 | No Comments

Cette semaine, nous soulignons la Semaine de la responsabilisation de l’Iran, où nous sonnons l’alarme sur les quatre menaces iraniennes : le nucléaire, le terrorisme, l’incitation à […]

Lire la suite